surfeur sur une vague au coucher de soleil

Eric Robinson – Ostéopathe Professionnel Sportif pour le Surf et le Football

6 min

22 août 2014

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Interview exclusif Oscar de Eric Robinson, ostéopathe professionnel sportif-surf et football

Ostéopathe de Bixente Lizarazu, Yoann Gourcuff, Franck Ribery, Wayne Rabbit Bartholomew, l’OM, FC Barcelone, Bayern de Munich, Girondins de Bordeaux.

Quel a été votre cursus pour devenir Ostéopathe ? Et plus particulièrement pour devenir un ostéopathe sportif ?

Je considère mon parcours comme assez atypique, en effet, j’étais rugbyman professionnel et malheureusement, suite à une blessure, j’ai dû arrêter ma profession assez jeune. Pour guérir j’ai dû faire de la rééducation, ce qui m’a permis de fréquenter le milieu de la natation. À la recherche de travail, j’ai été maître nageur sur les plages, j’ai ensuite effectué une formation de thérapie manuelle. Je me suis alors aperçu que ce domaine me plaisait particulièrement et j’ai donc fais une école d’ostéopathie en 4 ans. Ce fut une très bonne école mais il me semblait tout de même qu’il me manquait quelque chose, que ce n’était pas suffisant, j’ai donc fais 5 ans d’études supplémentaires dans l’école d’Étiopathie de Genève.

Étant passionné de surf, j’ai côtoyé des surfeurs professionnels et effectué quelques compétitions de surf en tant qu’ostéopathe professionnel et ce, durant mes études. Après quelques compétitions, une légende du surf mondial appelé Wayne Rabbit Bartholomew m’a repéré. Il a cru en moi et grâce à cela j’ai pu devenir le premier ostéopathe officiel du Tour Mondial de Surf.

En parallèle, des clubs de Foot sont venus me chercher, dont l’OM, le FC Barcelone, les Girondins de Bordeaux, le Bayern de Munich.

Durant toutes ces années en tant qu’ostéopathe professionnel sportif, avez-vous eu une activité en parallèle comme un cabinet de consultation ? Comment organisez-vous votre temps ?

J’ai en effet un cabinet de consultation près de Bordeaux à Lacanau, je m’occupe aussi bien de sportifs professionnels que de personnes comme vous et moi. En effet les compétitions de surf me prennent la plupart de mon temps car je voyage aux quatre coins du monde durant toute l’année.

Avez-vous côtoyé des joueurs de golf de renommée internationale comme le célèbre Kelly Slater ou le jeune et Jérémy Florès ?

Etant le seul ostéopathe attitré du tour professionnel de surf, je côtoie tous les surfeurs au quotidien. Je suis Kelly Slater depuis 1999, quant à Jérémy Florès, je l’ai vu grandir et évoluer en junior puis en pro.

L’intensité des séances auprès des sportifs est-elle plus grande que sur des non-sportifs ?

Bien sûr, il ne faut pas oublier que les sportifs de HAUT NIVEAU et j’appuie bien sur le terme de haut niveau, sont des personnes ayant une hygiène de vie particulière. Ils sont suivis au quotidien par une équipe médicale. Le sport n’est pas pour eux qu’une passion, c’est leur vie, leur profession. Lorsque l’on s’occupe d’un sportif de haut niveau, le problème doit être réglé le plus rapidement possible, il n’y a aucune autre solution, aucune autre alternative. Ces personnes génèrent tellement d’argent autour d’eux, qu’une attitude laxiste de notre part est inconcevable.

Les non-sportifs sont manipulés bien plus lentement car ils bénéficient de plus de temps, la rééducation peut se faire sur quelques semaines ou mois.

Cependant, les séances de sportifs sont bien plus courtes et beaucoup plus fréquentes.

Quels sont les motifs des consultations ? Uniquement pendant les compétitions ou également pour leurs entraînements ?

Blessure ou simple suivi. Les sportifs de hauts niveaux sont pris en charge en continu, que ce soit pendant les compétitions ou les entraînements.

Comment s’organise la complémentarité du travail avec un kiné ?

La complémentarité de mon travail avec un kiné est essentielle.

Le sportif de haut niveau doit être pluridisciplinaire. En effet, la pathologie représente la conjonction de plusieurs choses. Mais cette complémentarité est également indispensable avec toute l’équipe médicale du sportif, son médecin, diététicien, préparateur physique et j’en passe. Nous sommes tous à son service pour améliorer son état physique et psychologique.

Quelle formation complémentaire conseillerez-vous à nos étudiants ?

J’ai moi-même mis en place une formation pour les ostéopathes sortant des écoles et étant intéressés par l’ostéopathie des sportifs professionnels de haut niveau, ce qui est à mon sens une profession à part entière. Je vous laisse jeter un coup d’œil sur mon site : www.sport-osteo.com

Quels sont vos meilleurs conseils à nos étudiants Oscar ?

Il faut pratiquer, travailler et encore travailler. Seule la pratique et les heures de travail sont la clé du succès. Certaines manipulations doivent être répétées plus de 2000 fois pour être parfaitement maîtrisées. Par ailleurs, l’écoute est indispensable, partager avec les gens qui vous entourent, aussi bien vos professeurs que vos patients.

Pour finir, pour faire un métier comme celui-là, vous devez être passionné. C’est plus qu’un job, rien ne doit jamais être laissé au hasard, vous devez être investi à 300% dans tout ce que vous faites, chaque patient, chaque manipulation.

Envisagez-vous d’être ostéopathe pour d’autres sports ?

Pourquoi pas, je suis passionné par cette profession, j’aime mon travail et diversifier mon domaine d’activité ne pourrait être qu’un avantage. Chaque sport a sa pratique dans l’ostéopathie, nous devons nous adapter à tous les types de sportifs. Je ne m’occupe pas de la même manière de mes patients surfeurs et footballeurs professionnels car ils n’ont pas le même mode de vie. Pendant que les footballeurs sont en pleine séance de musculation, nous autres surfeurs, sommes avec des bières et des pizzas sur la plage. (Rire) Non plus sérieusement, cela pourrait être enrichissant pour moi.

Quelle est votre relation avec les sportifs ?

J’ai de très bonnes relations avec les sportifs mais ils restent mes patients. Attention de bien distinguer votre vie personnelle et professionnelle. Cela ne m’empêche pas d’avoir de très bonnes relations professionnelles avec eux, mais n’oubliez pas que ces personnes ne jouent pas dans la même catégorie que vous et moi.

Avez-vous besoin de parler plusieurs langues au sein de votre métier ?

Bien sûr, l’anglais m’a énormément servi, les surfeurs étant majoritairement australiens ou américains. J’ai eu la chance de beaucoup voyager pendant les compétitions de surf, notamment au Brésil. J’ai donc des bases en Portugais et en Allemand suite à mon passage au Bayern de Munich.

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